Maman solo de deux enfants, je devais affronter la maîtresse de mon ex pour décrocher une promotion… Un défi qui paraissait perdu d’avance, jusqu’à ce que je trouve une stratégie inattendue.

Depuis que mon mari a claqué la porte pour aller refaire sa vie avec sa maîtresse, je tiens seule la maison, les enfants… et ma dignité. Le plus ironique, c’est que cette même femme est devenue mon obstacle numéro un au bureau : nous visons toutes les deux la même promotion.

Je fais semblant d’être forte, je souris quand il le faut, j’avance au pas de course en permanence. Mais la vérité, c’est que je suis épuisée. Et au milieu de ce chaos, il y a Nick — mon voisin. Toujours là, toujours prêt à aider, presque trop présent… au point que ça m’agace. Sauf que, petit à petit, la vie m’oblige à revoir mon jugement.

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### Une journée qui commence mal… comme d’habitude

Le matin n’avait même pas encore vraiment commencé que la maison vibrait déjà des cris de Jake.

Je restai un instant immobile dans mon lit, les yeux ouverts, à lutter contre cette lourdeur qui collait à mes paupières depuis des semaines. J’avais l’impression d’être en apnée permanente.

Je me levai en traînant les pieds, puis j’allai jusqu’à sa chambre.

— « Maman ! » hurla-t-il.

Je n’eus même pas besoin de réfléchir : son pantalon était trempé.

Encore.

Je le pris dans mes bras, en essayant d’avaler la vague de fatigue qui montait.

— « Oh mon cœur… pardon. J’ai zappé la couche cette nuit. »

Je le changeai rapidement, essuyant, nettoyant, remettant un pyjama sec. Pas question de perdre du temps. Aujourd’hui, j’avais une présentation décisive.

Dans le couloir, j’aperçus Mia, assise sur son lit, les cheveux en bataille, déjà en train de négocier avec la réalité.

— « Mia, ma chérie, debout. On doit se dépêcher. »

Elle se laissa retomber sur l’oreiller comme si je venais de lui annoncer une catastrophe nationale.

— « Je veux pas y aller… ils vont encore servir leurs légumes mous. »

Je retins un rire. Pas parce que c’était drôle, mais parce que c’était ça, ma vie : l’urgence avec des débats de cantine.

— « On en reparle ce soir. Mais là, tu t’habilles. »

— « Beurk, ça a le goût de… je sais pas… de tristesse ! »

— « Allez, princesse. On y va. »

### Costume taché, cerveau en feu

Le petit-déjeuner ressemblait à un champ de bataille : miettes partout, Jake réclamant autre chose, Mia fixant son assiette comme si elle contenait un poison lent.

Je regardai mon téléphone : je devais partir. Maintenant.

Je ramassai sacs, manteaux, chaussures, cartables… tout à la fois, comme si j’avais huit bras.

Et à peine dehors, Nick apparut, comme s’il avait un sixième sens.

— « Salut, Emma ! Tout va bien ? Tu veux que je t’aide ? »

Son sourire était trop lumineux pour une matinée pareille. Moi, j’étais en mode survie.

— « Merci, Nick, mais ça ira. »

Sauf qu’à cet instant, Jake posa ses mains collantes sur ma veste de travail. Je sentis tout mon corps se crisper.

Du sirop.

Sur mon costume.

— « Jake… pas aujourd’hui… »

J’essuyai comme je pus. Le miroir de l’entrée me renvoya une version de moi : propre en surface, mais fissurée partout à l’intérieur.

### Au bureau, le cauchemar avait un prénom

J’arrivai en retard. Je déposai Jake à l’accueil chez Lisa, ma collègue, en balbutiant une excuse, puis je courus vers la salle de réunion.

Quand j’entrai, je la vis.

Stephanie.

La femme qui avait pris mon mari… et qui voulait maintenant prendre ma place au sommet. Elle était impeccable, relax, déjà sûre de gagner.

Je lançai ma présentation, et là… le sol se déroba sous moi.

Mes documents étaient couverts de gribouillis multicolores.

Le chef-d’œuvre de Mia, la veille.

Je restai figée, costume taché, slides inutilisables, carrière suspendue à un fil.

Après la réunion, mon patron me prit à part, presque triste.

— « Emma… je sais que tu fais de ton mieux. Mais si tu ne reprends pas le contrôle, je ne peux pas te confier plus de responsabilités. »

Et comme si la journée n’était pas assez cruelle, mon téléphone vibra :

L’école.

Mia était malade.

Je dus partir. Encore.

### Le soir, je craque… et Nick voit tout

Une fois les enfants couchés, je sortis sur la terrasse, le dos contre le fauteuil, le regard vide.

Un jour.

Il ne me restait qu’un jour pour sauver mon projet… et ma chance.

Je levai les yeux, et, comme par hasard, Nick était là, de l’autre côté de la clôture.

— « Hé… ça va ? »

Je ne sais pas pourquoi, mais au lieu de mentir, je lui fis signe d’approcher.

Il s’assit à côté de moi, sans jugement.

Et tout sortit d’un coup : le divorce, l’humiliation, les enfants, le travail, la fatigue, la peur de perdre.

Ma voix tremblait, et soudain les larmes coulèrent. Des larmes vraies, celles qu’on garde enfermées trop longtemps.

Il murmura mon prénom comme si c’était quelque chose de fragile.

Alors je paniquai.

Je me refermai d’un coup, comme si je venais de commettre une erreur.

— « Non… désolée. Je… tu devrais rentrer. »

Je ne voulais pas d’un homme dans ma vie.

Je ne voulais plus dépendre de personne.

### Le lendemain : le chaos total… et l’imprévu

Au matin, tout était pire.

Mia était encore pâle, Jake surexcité comme une pile électrique, et ma mère — censée venir — avait son vol retardé.

Pas de solution.

Je dus emmener les enfants au travail.

Rien que l’idée me donnait envie de disparaître.

— « Écoutez-moi bien, » dis-je en entrant, essoufflée. « Vous restez calmes à l’accueil. Maman doit faire quelque chose d’important. »

Mia acquiesça.

Jake, lui… sourit comme un petit criminel.

À peine avais-je tourné le dos qu’un bruit de pagaille monta : chaise qui tourne, papiers qui volent, rires, brochures renversées.

Je revins en courant : Jake faisait la toupie sur le fauteuil, Mia pliait des feuilles en avions.

Je sentis mon cœur tomber dans mon ventre.

C’était fini.

Et à ce moment précis, la porte s’ouvrit.

Nick.

Comme s’il avait traversé la ville en urgence.

— « Désolé, j’arrive un peu tard, » dit-il calmement, comme si tout était normal.

Il récupéra Jake, rassura Mia, s’excusa auprès de l’accueil, puis me tendit un dossier.

— « Tu as oublié ça dehors. J’ai pensé que ça pouvait te sauver. »

Je le regardai, bouche entrouverte.

Il venait de me rendre ma chance.

### La victoire… qui n’en est pas une

Grâce à lui, ma présentation se passa parfaitement.

Je sortis de la salle en me disant : *Cette fois, je l’ai.*

Mais mon patron m’arrêta.

— « Bon travail, Emma… vraiment. Mais je ne suis pas sûr que tu sois prête pour cette promotion. Ta vie personnelle prend trop de place. »

Je restai muette.

À travers la vitre, je vis Stephanie sourire, bras dessus bras dessous avec mon ex-mari.

Elle gagnait.

Encore.

### Chez Nick, je découvre ce que je n’avais plus : du calme

Le soir, vidée, je frappai chez Nick.

À l’intérieur, mes enfants dormaient sur son canapé, paisibles, repus, propres. Comme si, pendant quelques heures, ils avaient eu une vie simple.

Il avait cuisiné. Il avait géré. Il avait protégé l’espace que je n’arrivais plus à protéger.

— « Merci… » soufflai-je.

Il haussa les épaules.

— « Jake m’a aidé. Enfin… il a surtout supervisé. »

Je ris malgré moi.

Et puis, assise à sa table, j’avouai la vérité :

— « Ils pensent que je ne mérite pas la promotion parce que je suis… trop débordée. »

Nick me regarda, sérieux.

— « Ce n’est pas parce que ta vie est difficile que tu es moins compétente. C’est même l’inverse. »

### Le message qui change tout

Je m’endormis là, épuisée.

Le matin, je me réveillai avec un message de mon patron :

**“On te laisse une chance. Mais il faudra mieux t’organiser.”**

Je clignai des yeux.

Nick me tendit un café, l’air tranquille.

— « J’ai appelé ton patron. »

Je restai figée.

— « Tu… quoi ? »

— « Je lui ai expliqué la réalité. Que tu tiens debout seule. Que tu n’as pas lâché. Et que tu mérites d’être jugée sur ton travail, pas sur ta charge. Je lui ai aussi dit que… je pouvais t’aider avec les enfants si tu acceptes. »

Je n’arrivais pas à parler.

Tout ce que je savais, c’est que personne ne m’avait défendue comme ça depuis très longtemps.

Je le regardai, vraiment.

— « Nick… tu es qui, au juste ? »

Il sourit, un sourire moins léger, plus vrai.

— « Je dirige une entreprise dans l’informatique. Aujourd’hui, j’ai du temps. Et j’ai envie de le donner aux bonnes personnes. »

Son regard alla vers la cour, où Mia riait en courant, et Jake poursuivait une balle comme si le monde était simple.

Puis il revint sur moi.

— « Laisse-moi une chance, Emma. Pas pour te sauver… juste pour être là. »

Je sentis quelque chose s’ouvrir doucement en moi.

Une chaleur prudente.

Pas de naïveté.

Juste… une possibilité.

— « D’accord, » murmurai-je. « On passe le week-end ensemble. Et on verra. »

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